Google Sandbox Period : comment réduire votre temps d’attente ?

Temps de lecture, 10 Min Othmane Bennis, 06/05/2022

Votre site web est techniquement irréprochable, votre stratégie éditoriale semble pleine de bon sens et votre contenu apporte une réelle valeur ajoutée à vos visiteurs, et pourtant… 

Votre nom de domaine semble incapable d’atteindre la première page des résultats Google. Rassurez-vous, vous n’êtes (peut-être) pas maudit ; cette force qui semble ralentir votre référencement porte un nom : la Google Sandbox !

Qu’est-ce que la Google Sandbox ?

La Google Sandbox désigne une période d’un à plusieurs mois pendant laquelle un site nouvellement indexé sur le moteur de recherche se voit pénalisé en termes de trafic organique.

Peu importe la qualité de votre site web lancé nouvellement, rien n’y fait, ce dernier ne reçoit que peu de visites et apparaît très difficilement parmi les premiers résultats de Google. 

Le coupable : la Google Sandbox.

Mesure reconnue à demi-mot par le blogueur Matt Cutts dans l’une de ses vidéos, le « bac à sable de Google » vise à proposer à l’internaute des contenus dignes de confiance et à contrecarrer les pratiques de Black Hat.

Concrètement, tout nouveau site web doit faire ses preuves tant en termes de qualité, que d’authenticité avant de pouvoir accéder à son plein potentiel sur le moteur de recherche.

Même si cette période de probation n’existe pas sur les autres moteurs de recherche (tels que Yahoo! ou Bing) et n’a jamais été officialisée par Google, on constate son apparition au sein des algorithmes Google autour du mois de mars 2004.

Comment ça marche ?

Dès lors qu’un nom de domaine est indexé, Google suit un lien Inbound (IBL, pour InBound Link) depuis un autre site crawlé par le GoogleBot afin de placer le domaine dans sa Sandbox.

Ainsi, le site n’est visible qu’en tapant littéralement son nom de domaine dans la barre de recherche, mais pas au travers des mots-clés ciblés. De plus, seule la page d’accueil est dans un premier temps référencée.

Durant cette période de probation (plus ou moins longue selon la thématique du site ou les mots-clés ciblés), le GoogleBot viendra régulièrement crawler votre URL.

Pourquoi cette période de test ?

La Google Sandbox est un dispositif qui peut s’apparenter à une sanction à l’encontre de tous les nouveaux arrivants indexés par le moteur de recherche. Pourtant, cette initiative présente bien un intérêt, autant pour Google que pour ses internautes.

En distinguant les sites « étoiles filantes » des sites plus anciens, la Google Sandbox identifie les domaines les plus authentiques et pérennes afin d’attribuer une visibilité adaptée à chacun de ces acteurs tout en mettant en avant les contenus les plus dignes de confiance.

Niveau d’expertise, autorité dans la thématique abordée, régularité des publications et comportement des internautes sur la page (“on page”)… La Search Engine Result Page (SERP) prend en compte de nombreux critères afin d’adapter la durée de probation de la Sandbox.

Quels éléments influencent la Google Sandbox Period ?

La Google Sandbox Period désigne la durée pendant laquelle le site nouvellement indexé demeure sous probation avant d’accéder à son plein potentiel de référencement.

Concernant les thématiques qui représentent un risque pour l’internaute comme les finances personnelles ou l’investissement, le temps de probation peut s’étirer jusqu’à un an. Au contraire, les sites ciblant des mots-clés qui engagent moins le visiteur pourront sortir de la Sandbox plus rapidement.

Si certains affirment qu’il n’y a aucun autre choix que de prendre son mal en patience en attendant que la Google Sandbox Period prenne fin, il n’en est pas moins que de nombreuses démarches permettent de mettre ce délai à profit, voire même… de le réduire.

Comment réduire la Google Sandbox Period

#1 Avoir un site indexé par Google

La première démarche à engager afin de sortir au plus tôt de cette période de probation est évidemment de l’entamer. Pour ce faire, votre nom de domaine se doit d’être indexé et crawlé une première fois par le GoogleBot.

Pour vérifier l’indexation de votre site, il suffit de taper dans la barre de recherche Google : « site:votresite.fr ». S’afficheront alors toutes les pages hébergées sur votre site web. Dans l’éventualité où aucun résultat n’apparaîtrait, pensez à vérifier que votre sitemap (au format XML) a bien été communiquée à Google.

À noter : Si votre site web est bien indexé alors que ses pages principales (notamment la page d’accueil) sont encore en construction, veillez à créer une page stipulant que votre contenu sera disponible sous peu.

#2 Publier un contenu de qualité

Que la période de probation de la Google Sandbox s’étende à un mois ou à un an, ces délais vous offrent un temps précieux pour peaufiner votre stratégie éditoriale et publier un contenu hautement qualitatif.

Les marqueurs qui attestent de la qualité d’un contenu pour Google sont :

  • une page qui se charge rapidement (supprimer tous les éléments lourds et superflus de vos pages, optimiser le poids de vos images) ;
  • une page ergonomique où l’internaute peut se repérer aisément et accéder à l’information recherchée ;
  • un contenu qui à la fois atteste d’une expertise réelle et délivre un enseignement pratique ;
  • un contenu en ligne avec la stratégie éditoriale choisie, et donc avec les thématiques ciblées ;
  • une fréquence et une régularité de publication suffisamment élevées ;
  • une logique dans les mots-clés (keywords) choisis autour de clusters ;
  • un netlinking (maillage interne, backlinking) proportionnel aux contenus publiés ;
  • une interaction de la part des visiteurs (temps passé sur la page, clics, commentaires).

#3 Cibler des mots-clés à faible volume

Le choix des mots-clés est décisif dans la façon qu’aura la Google Sandbox de bloquer plus ou moins longtemps le référencement de vos contenus.

S’il est capital de cibler des mots-clés et intentions en accord avec votre identité, une idée reçue consiste à dire qu’il faut cibler les requêtes les plus concurrentielles : une telle assertion serait fausse.

Dans un premier temps, l’idéal est de repérer les mots-clés à faible volume et à faible niveau de concurrence afin d’augmenter le trafic du site de manière progressive.

Dans l’optique d’identifier les mots-clés et intentions les plus pertinents, divers outils sont à votre disposition :

Concrètement, un keyword dont le trafic mensuel se cantonne à une centaine de visites est amplement suffisant dans un premier temps. Mettre ainsi sa frustration de côté pendant quelques mois peut être un exercice difficile, mais pourtant des plus rentables sur le long terme !

#4 Structurer son site en silos

La structure en silos consiste à aborder une intention précise au sein d’une page située en profondeur dans votre site (c’est-à-dire que l’utilisateur doit parcourir plusieurs autres pages avant de trouver ledit contenu), puis à l’entourer de plusieurs pages satellites.

De cette manière, chaque page satellite aura pour objectif de renvoyer, au travers d’un travail sur les mots-clés ainsi que sur le maillage interne, à la page « pilier » concernée. Ainsi, cette page pourra ainsi cibler de plus forts volumes de recherche que les pages satellites et aura davantage de chances d’atteindre un référencement honorable, car appuyée par les autres contenus.

Généralement sous-estimée par les blogueurs, une telle stratégie permet pourtant non seulement de fournir de nombreux contenus à votre domaine, mais aussi de démontrer à Google votre expertise dans la thématique abordée tout en optimisant votre référencement sur le sujet.

#5 Publier sur les médias sociaux

En complément de votre travail « on-site », étendre votre présence sur divers médias sociaux appropriés représentera une source de trafic supplémentaire et susceptible d’augmenter le niveau d’interaction de votre communauté (et donc de vos visiteurs) avec vos contenus.

N’hésitez donc pas à partager l’avancement de votre site sur vos autres médias, voire à recourir à la publicité. Engager votre audience prouvera également l’authenticité de votre site web à Google !

#6 Simuler un Fake Buzz

Pour aller plus loin dans l’exploitation de votre communauté, sachez qu’il est envisageable de créer un « Fake Buzz ». En effet, même un léger sursaut de votre visibilité sur les réseaux sociaux et de l’activité sur votre site peut être interprété par Google comme une preuve d’autorité de votre nom de domaine et réduire considérablement le temps de probation de la Google Sandbox.

Dans la pratique, l’idée consiste à recourir aux services éditeurs de communiqués de presse pour faire rediriger ces derniers vers votre site en  « nofollow », c’est-à-dire un trafic pas, ou peu pris en compte en termes SEO.

Un tel bond dans le nombre de liens entrants vers votre site sera forcément pris en compte par Google. Reste alors à donner un écho à votre mini-buzz.

Pour ce faire, se tiennent à votre disposition des outils comme :

#7 Optimiser l’expérience utilisateur

Le comportement de l’internaute lorsqu’il navigue sur votre page web est un indicateur précieux aux yeux de Google pour évaluer la qualité de votre contenu.

Veillez à prendre toutes les dispositions à votre portée pour optimiser :

  • le taux de rebond
  • le temps passé sur votre page
  • le taux d’interaction avec les éléments de votre page (formulaire, bouton, vidéo…).

Afin de connaître les paramètres qui influencent le comportement utilisateur et pour booster votre trafic organique, y compris durant la Google Sandbox Period, l’utilisation de Google Analytics vous sera d’une grande aide.

#8 Déployer une stratégie de netlinking

À mesure que votre site se développe, le niveau d’autorité de votre domaine (Domain Authority) évolue lui aussi, notamment grâce à une stratégie de netlinking adaptée. Concrètement, il s’agit d’étendre votre réseau de liens internes et externes, entrants et sortants.

Si l’idéal est de recevoir du trafic organique à partir de liens provenant de domaines qui jouissent eux-mêmes d’une forte Domain Authority (backlinks), il n’en reste pas moins rentable de travailler votre maillage interne et vos liens sortants.

Néanmoins, il n’est pas nécessaire d’étoffer outre mesure votre netlinking : celui-ci doit en fait se développer de façon proportionnelle à votre site web, sans quoi Google pourrait au contraire vous pénaliser et rallonger votre Google Sandbox Period.

Sur ce point toutefois, soyez patients et attendez que le trafic organique de votre domaine dépasse les 10 visites quotidiennes.

#9 Acheter un domaine actif

Le raccourci par excellence pour outrepasser purement et simplement la Google Sandbox consiste à acheter un nom de domaine déjà actif et directement lié à votre thématique. De cette façon et parce que vous achetez un domaine déjà existant, la période de probation sera déjà passée.

Ici, les critères à prendre en compte pour le choix de votre domaine sont :

  • le prix du nom de domaine ;
  • l’ancienneté du nom de domaine (2 années minimum) ;
  • le nombre de pages existantes en tapant “site.exemple.fr” (un site plus étendu représente un avantage).

À noter : La qualité des pages du site web n’importe aucunement, puisque vous serez de toute façon amené à recréer l’ensemble des contenus !

Une alternative pour le choix de votre nom de domaine est de passer par une marketplace.

Il existe ainsi des solutions comme :

Il est finalement très complexe de réduire à zéro l’attente imposée par la Google Sandbox Period. Pour autant, cela ne doit ni vous pénaliser ni réduire notre motivation. Ainsi, au lieu de constater chaque jour avec dépit la faiblesse de votre trafic organique, prenez plutôt le temps de faire rédiger des contenus de qualité pour arriver dans le grand bain avec une longueur d’avance !

Othmane Bennis